J'ai fait un rêve étrange. De larges éclairs et des sons saturés rodaient dans une pièce, j'y entrais. Sur une large peau de jaguar couleur cendre: l'immensité des jambes blanches de Sasha Grey crépitait comme des cierges. Elle portait à ses lèvres un crâne d'enfant, y goûtait un mauvais vin argentin. Ses deux petits seins poussaient son pull-over amande. Elle prit des branches d'acacia pour dessiner sur mon visage. Elle y fit des égratignures.
Elle laissa glisser un peu de lait sur ses cuisses, riant dans un parfum fort de cire. Je plaçais mon visage contre son ventre ivoire et ivre de son odeur, je plongeais ma bouche entre ses jambes. Ses mollets serraient ma nuque. Elle caressait mes cheveux en chantant de vieilles romances, avec un fort accent russe.

Je portais son goût salé à ses lèvres mais son regard noir m'indiquait bien que j'étais son prisonnier. Avec une voix douce et redoutable, elle m'ordonna de continuer l'exploration de ses saveurs. Outside me rappelle ce rêve de torpeur, balancé dans la mémoire comme de la salive.

Cette musique pleine de langueur et d'érotisme est comme une mèche de cheveux que l'on mâche. Un électrique dérèglement des sens. Brothers and Sisters poursuit ce songe halluciné où les peaux se collent durant l'amour, où les synthétiseurs ont des parfums de sueur. Longue scansion où de douces boucles mélodiques orchestrent l'obsession. Mélanie Moran et Julien Camarena unissent leur force pour modeler une musique du bassin absolument irrésistible.