Extrême. A en creuser de profonds sillons dans chaque sentiment, tout ça à la pelle rouillée. Xiu Xiu ne tolère pas le compromis, tout se fait sauvagement en un éclair.
Tous les tabous explosent dans des compositions étranges et malsaines. Mais pour Jamie Stewart, l'important est de faire de la boue de l'or. Il maltraite les sons ou les magnifie, il incendie toute chose avant de rendre l'atmosphère glacée.
Cette ambivalence et cette tension se retrouvent dans les polaroids de Dash Snow. Peu importe les sensibilités, ce qui compte c'est la frappe, l'effet donné à nos sens. Faire exploser notre réflexion, brûler les jugements.

Il existe entre le groupe et le photographe ce même humour noir et tendre à la fois, ces fragments de pureté dans l'immondice - un calvaire apaisant. On y fait la fête mais on peut s'isoler dans le noir un mois durant. Des autistes sentimentaux.

Dash Snow représente souvent les outrances corporelles, le sang, le sperme, toutes les déjections possibles. C'est repoussant et fascinant: symboles permanents de la vie et de la mort.

Monstrueuses représentations de nos pires angoisses mais aussi fidèles miroirs de nos élans vitaux, ces artistes ne nous laissent aucuns répits, pareils à de grands fauves. Trash. Dear God, I Hate Myself en est l'ultime représentation.