Chaque jour, je te vois porter à tes lèvres, le pain noir de la maladie. Je la tiens à distance comme un soldat, c'est elle qui surprend, c'est vrai, c'est elle qui nous chuchote que l'on ne passe pas assez de temps à s'aimer. Elle doit avoir les mains fraîches, elle libère les mystères.
Il te faudra apprendre à ne plus aimer ses caresses, à les chasser. Illuminer une ombre, éviter la morsure. Combattre. Tout ceci ressemble à un songe, un passage étrange où les souvenirs viennent, où les parfums se déposent.

Vivre à chaque instant, c'est bien ce que l'on essaie de faire - ensemble. Vivre. J'ai souvent envie de me mettre la tête, pour évacuer sa présence. Je la vomis avec colère, je la vomis.
Je suis peu fait pour la reconnaissance, pour Dieu, pour les espoirs qui se dérobent en rafale. Je veux lui serrer la gorge très fort, je veux m'endormir avec elle pour que tu l'oublis, toi, qui accepte sa présence sans cesse. Elle accompagne ton souffle, je l'entends. Je veux que tu sois un bon marcheur et que l'on voit loin sur le chemin. Je veux que tu continues.